Ce qu'il faut savoir
L’astronome des villes et des campagnes...

Dans un environnement urbain l’astronomie reste tout à fait possible,si votre but n’est pas de rechercher une galaxie de magnitude 10. L’éclairage urbain n’a pas que des inconvénients, dans certains cas, la clarté du ciel engendrée par la réflexion des lumières nocturnes sur les poussières en suspension dans l’atmosphère peut même se révéler utile, surtout si vous débutez. En effet, il sera beaucoup plus facile pour un débutant de découvrir les astres les plus brillants qui forment les dessins des constellations sous ce type de ciel. Cependant, un bon nombre d’astres et de phénomènes astronomiques n’exigent pas des ciels d’une qualité extrême. Le soleil, la lune, les planètes, les étoiles doubles, certains amas ou nébuleuses, les éclipses de lune ou de soleil, permettent déjà de belles observations. Pour les objets les moins brillants, il faudra se résigner à sortir de ces dômes de lumière et rechercher un endroit privilégié pour ce type d’observation. Beaucoup de régions en France, permettent encore la flânerie dans la voie lactée.

Choisir son site d’observation...
Si vous êtes en ville, évitez d’être sous les lampadaires, recherchez un lieu parcs ou jardins entourés d’arbres, dont le feuillage vous protégera des lumières voisines. Une cour d’immeuble dépourvue d’éclairage peut également convenir. Evitez a tout prix, votre balcon ou l’observation par une fenêtre ouverte, il serait difficile de trouver pire condition. En effet en été les bâtiments vont restituer la chaleur emmagasinée la journée, et l’hiver le chauffage va créer le même phénomène de turbulence, ce qui aura pour conséquence de détériorer les images observées. Si vous pouvez vous isoler à la campagne ou à la montagne et que vous avez le choix du site, privilégiez celui dont l'horizon se trouve bien dégagé vers l’est et vers le sud. Les astres seront d’autant plus beaux, si vous les observez lorsqu’ils sont au dessus de votre tête.

Quand observer ?
Observer chaque fois que vous le voulez ou que vous le pouvez. Plongez-vous dans les revues spécialisées ou sur Internet , pour connaître les rendez-vous à ne pas manquer. Conjonction, éclipse etc... L’avantage de savoir à l’avance un phénomène, va vous permettre de vous préparez à son observation et mettre toutes les chances de votre côté.
Une fois votre site choisi, il vous faudra attendre une belle nuit pour profiter pleinement du lieu. Mais qu’entendons nous par “belle nuit”.

C’est déjà l’absence de brume, brouillard, nuage. Mais attention un ciel parfaitement dégagé, ne veut pas dire condition d’observation parfaite, ce n’est pas aussi simple. Une brise ou un vent un peu fort, vont créer une turbulence qui nuira à la qualité de vos observations. Les astres dont la lumière traverse ces couches d’air semblent scintiller. Apprenez à évaluer la turbulence d’un coup d’oeil, en estimant le clignotement des étoiles. S’il est important peu de chances d’obtenir de belles images, mais rien ne vous empêche de partir à la découverte des constellations à l’oeil nu. Si par contre les astres vous paraissent figés, alors pas d’hésitation ce sera certainement une belle nuit d’émerveillement.


L’astronome au cours des saisons...

La saison a son importance, les nuits estivales sont, il faut bien le reconnaître , les plus agréables, mais elles sont bien courtes. De plus la turbulence en début de nuit reste importante, car le sol, les arbres, les bâtiments, les routes vont restituer la chaleur de la journée. Il faut donc patienter deux bonnes heures après le coucher du soleil, pour envisager une observation sérieuse. Chaque saison à ses avantages et ses inconvénients. L’automne voit ses nuits s’allonger, mais la météo est souvent très moyenne, les giboulées du printemps ont mauvaise réputation, et pourtant, elles peuvent surprendre et donner de merveilleuses nuits. Car elles nettoient l’atmosphère de ses poussières. Quant à l’hiver, le ciel est cristallin avec des nuits de 16 h, mais il fait franchement froid.


Comment observer dans de bonnes conditions...

L’astronomie doit rester un immense plaisir, un merveilleux moment de rêverie et de poésie sous cette immense arche étoilée. Rien ne doit troubler cette sensation de bien-être et d’humilité. Il est donc indispensable de se préparer à sa soirée d’observation.

Été comme hiver, la nuit est froide si l’on reste immobile. Il faut impérativement s’habiller correctement. Il est vrai qu’en été un pantalon et un pull de secours suffisent généralement (mais attention si vous êtes en montagne). En hiver, il convient de se vêtir chaudement, car la température a vite fait de descendre en dessous de zéro degré. Pensez aux vêtements de montagne. Un bon sous pull manches longues, une polaire et un anorak ou coupe vent (avec élastique aux manches pour éviter l’air glacé de pénétrer), font généralement l’affaire, le but maintenir une couche d’air entre les vêtements, ce qui permettra une meilleure isolation. Mais rien ne sert de protéger le haut du corps si vous êtes en short. Prévoyez aussi un bon pantalon, les magasins spécialisés en proposent d’excellents en laine ou fourrés. Dans tous les cas bien estimer son besoin en fonction de la température extérieure, il ne sert à rien de trop se vêtir. Votre attention doit porter sur trois parties de votre corps. La tête, les mains et les pieds. Pour la tête, un bonnet, une capuche, un passe montagne conviennent parfaitement. Pour les mains, les moufles sont souvent gênantes car obliger de les enlever pour changer d’oculaire, écrire ou feuilleter un atlas, les doigts pendant ce temps vont rapidement se refroidir et seront très difficiles à réchauffer. Les mitaines, (gants coupés aux extrémités) font très bien l’affaire, mais il faut bien le reconnaître sont très laides. Pour ma part j’utilise des gants de soie et des gants de montagne fibre polaire windstopper. Pour les pieds de bonnes chaussures de marche ou après-skis et une bonne paire de chaussettes en laine. Attention évitez plusieurs paires de chaussettes les unes sur les autres ou les chaussures trop serrées. Dans bien des cas le froid viendra du bas et des pieds. Si vous limitez le froid aux pieds, vous vous garantissez d’une bonne nuit d’observation.

Boire et manger...
Prévoyez des pauses pour boire et manger. Il est important de bien boire, une boisson chaude est très agréable surtout l’hiver (chocolat ou soupe) et de manger des gâteaux secs, des fruits,du pain d’épices. En effet vous limiterez la fatigue et pourrez plus facilement passer la nuit sous le firmament. Évitez l’alcool et le café.

Il ne vous reste plus qu’à apprendre à observer...
Il va falloir commencer par comprendre comment fonctionne votre oeil, puis s’appliquer à discerner les différences de contrastes, les nuances de couleurs, les détails de plus en plus fins des objets que vous observez. Cela ne se fera pas en une soirée d’observation, mais le résultat final en vaut la peine, car un observateur expérimenté peut voir plus d’étoiles, et de fins détails sur les planètes ou sur la Lune, que vous qui commencez votre apprentissage. L’oeil est un merveilleux instrument, aux possibilités étonnantes, mais ce n’est pas lui qui voit, mais votre cerveau. A priori, il n’y a pas de bons ou de mauvais observateurs, ils y a ceux qui ont appris à observer et les autres. Il faut donc respecter le fonctionnement interne de votre oeil. Vous avez certainement constaté que votre oeil, s’adapte aux variations de luminosité.Si vous passez d’une pièce éclairée à un lieu sombre, vos pupilles se dilatent. Par ce procédé, votre oeil augmente la quantité de lumière qui arrivera à la rétine. Si le lieu est très sombre, cette dilatation ne suffira plus, un second processus chimique rentre en jeu. En effet la rétine est tapissée de cellules, appelées cônes et bâtonnets, qui transmettent l’information lumineuse au cerveau. Dans une forte obscurité, les bâtonnets sont les mieux adaptés. L’ajustement du rôle respectif des cônes et des bâtonnets demande quelques dizaines de minutes. Mais toutes sources de lumières importantes réduisent à néant votre temps d’adaptation à la vision nocturne. Pensez donc à vous protéger des lumières directes. Si vous devez utiliser une lampe de poche, peignez l’ampoule avec du vernis à ongle par exemple, de couleur rouge. Les bâtonnets étant insensibles au rouge, cette couleur ne vous éblouira pratiquement pas. Sur la rétine, les cônes se situent principalement au centre, les bâtonnets quant à eux, sont disposés sur la périphérie. Nous avons vu que ce sont les bâtonnets qui se mettent en oeuvre dans l’obscurité, apprenez vous à regarder un objet avec une vision légèrement décalée, avec un peu d’habitude, l’image semblera plus lumineuse et plus détaillée.

Pour commencer...
N’essayez pas de tout vouloir mémoriser l’ensemble du ciel en une soirée, commencez plutôt par repérer les étoiles les plus brillantes, puis repérez les constellations qui leur sont associées. Identifiez les principales constellations(la Grande Ourse, Orion, le Cygne etc..). Une fois que vous saurez reconnaître certaines étoiles et constellations, commencez à remplir les vides.



Nous vous invitons à lire le livre de Guillaume Cannat, Le guide du ciel, édité chez Nathan.



-->


Rechercher :
Recherche avancée
---
Médiathèque