Nous vous conseillons l'excellent ouvrage de Jean Lacroux et Christian Legrand, Découvrir La Lune, aux éditions Bordas

Troisième soir
(Dix-septième soir)

Ce soir, vous allez véritablement commencer votre découverte du relief lunaire,
alors que le Soleil est déjà levé sur les régions est de la face visible depuis 3 jours.
Une mer et plusieurs cratères magnifiques sont déjà au programme.



Légendes :
  1. Endymion
  2. Messala
  3. Geminus
  4. Cléomède
  5. Mer des Crises
  6. Langrenus
  7. Vendelinus
  8. Petavius et la vallée de Palitzsch
  9. Snellius
  10. Stevinus
  11. Furnerius
  12. Mer de Humboldt
  13. Mer Marginale
  14. Mer de Smyth
  15. Mer Australe
  16. Mer de la Fécondité

Introduction :

Au nord, la seule formation vraiment intéressante est Endymion (1), un cratère de 125 km de diamètre avec un fond plat rempli de lave sombre, entouré de remparts de 4600 m de haut. Puis vous remarquerez le groude Messala (2), Geminus (3), Cléomède (4) et la célèbre mer des Crises (5).

A partir de l'équateur, votre attention sera retenue par deux cratères presque parfaits et bien visibles : Langrenus (6)et Vendelinus (7).

Vous pouvez aussi observer Petavius (8), bordé par la vallée de Palitzsch. Au sud de Petavius trône un couple composé de 2 cratères semblables : Snellius (9), large de 83 km, au fond irrégulier, et Stevinus (10), de 75 km de diamètre, entouré d'une muraille en gradins et possédant une montagne centrale. Puis, juste au fond de ce duo, vous trouvez Furnerius (11) avec ces 120 km de diamètre, et dont le fond porte une rainure ainsi que de nombreux craterlets.
Vous pourrez aussi essayer de trouver, le long du limbe, les quatre mers qui sont situées en grande partie sur la face cachée, mais qui sont parfois visibles du fait d'une libration favorable, à savoir du nord au sud : la mer de Humboldt (12), la mer Marginale (13), la mer de Smyth (14) et la mer Australe (15).

Observez le long du terminateur

Le Soleil est nouvellement levé sur les régions Est de la face visible. Cela vous permet de profiter des premières ombres allongées, qui vont mettre en valeur le relief des formations lunaires. C'est particulièrement vrai le long de la ligne courbe qui sépare le jour de la nuit (la limite intérieur du croissant) et qui se nomme le "terminateur". A raison de 15 km/h, celui-ci va se déplacer chaque soir de 13°, soit 350 km, vers l'ouest, vous permettant de découvrir à chaque fois de nouvelles régions.

La mer des Crises et ses environs

Zoom sur la zone A
  1. Mer des Crises
  2. Yerkes
  3. Lick
  4. Picard
  5. Peirce
  6. Greaves
  7. Promontoire Olivium
  8. Promontoire Lavinium
  9. Cléomède
  10. Burkhardt
  11. Geminus
  12. Messala
  13. Macrobius
  14. Tisserand
  15. Bernouilli
Une mer typique

Bien visible pendant toute la lunaison, même à l'oeil nu, comme un oeil sombre au nord-ouest du disque lunaire, la mer des Crises (1)constitue un excellent indicateur de la direction et de l'intensité de la libration lunaire.

La mer des crises nous montre clairement que les mers lunaires ne sont en réalité que des gigantesques cratères au fond envahi par de la lave fluide. Déformée par l'effet de perspective lorsqu'elle est vue de la Terre, la mer des Crises n'est pas ronde : elle mesure en fait 570 km du nord au sud et 620 km d'est en ouest.

Elle est entourée des restes du rempart de l'ancien cratère, hauts de 3000 m. L lave qui remplit le fond s'est ridée au refroidissement, donnant naissance à une dorsale visible près du bord est. Cette lave a aussi rempli d'anciens cratères internes, donnant naissance aux cratères fantômes Yerkes (2) et Lick (3), d'une trentaine de kilomètres de diamètre chacun. Après le remplissage par de la lave, quelques météorites sont encore tombées en creusant notamment Picard (4), Peirce (5), d'environ 20 km de diamètre, et Greaves (6). A l'ouest, vous pourrez rechercher les promontoires Olivium et Lavinium, séparés par une vallée d'environ 10 km de large barrée par une petite colline. C'est dans cette région que, en 1953, l'astronome amateur O'Neil pensa avoir aperçu un gigantesque pont naturel de 19 km de long, ce n'était en fait qu'un jeu d'ombres!

En août 1976, soit 4 ans après Apollo 17, la sonde Luna 24 forait jusqu'à 2 m de profondeur le sol de la mer des Crises, clôturant l'exploration lunaire des années 70.

Cléomède et ses voisins

Au nord de la mer des Crises, on trouve Cléomède (9), un cratère presque contemporain de la formation de cette mer. Sa muraille a été ensuite écrasée par plusieurs craterlets. Large de 126 km et prfond de 3000 m, Cléomède possède un fond plat, qui porte quelques formations : une petite montagne centrale, une rainure très fine et quelques craterlets. Au nord de Cléomède, le trio formé par Burkhardt (10), Geminus (11) et Messala (12) est très intéressant pour la progression des tailles que ces cratères montrent : 55 km, 85 km et 125 km respectivement. Les murailles en gradins et la montagne centrale de Geminus contrastent avec le fond plat de Messala.

Langrenus et Vendelinus

Zoom sur la zone B
  1. Langrenus
  2. Atwood
  3. Bilharz
  4. Naonobu
  5. Vendelinus
  6. Lohse
  7. Lamé
  8. Acosta
  9. Lindberg
  10. Ibn Battuta
  11. Al Marrakushi
  12. Crozier
  13. Mer de la Fécondité


Langrenus le magnifique

Langrenus est sans contestation possible l'un des plus beaux cratères de la face visible. S'il était situé au centre de celle-ci, il ressemblerait à Copernic. Mais son emplacement près du limbe est le montre tel que vous le verriez si vous étiez un astronaute en orbite autour de la Lune.

D'un diamètre de 130 km, Langrenus (1) arbore des versants très escarpés qui débouchent sur une muraille interne en gradins, haute de 2600 m. Vous remarquerez qu'au sud ce rempart est déformé. Le fond de Langrenus, qui n'est pas complètement plat, montre des collines d'une centaine de mètres de hauteur environ. Au centre, trône un massif montagneux composé de 2 sommets hauts de 1000 m environ. Langrenus est le foyer de traînées rayonnantes, qui sont visibles surtout à la surface de la mer de la Fécondité.

Observez également l'intéressant trio de cratères composé de Atwood (2), Bilharz (3) et Naonobu (4). Atwood est le plus petit des trois avec 30 km de diamètre. Naonobu mesure 5 km de plus et Bilharz encore 5 km de plus. Ces 3 crtères ont un fond plat rempli de lave, et seul Naonobu montre un craterlet à sa surface.

Un cratère plus ancien : Vendelinus

Vendelinus (5) est un cratère de 150 km, très différent de Langrenus, et plus ancien. Des impacts plus récents ont déformés le cratère initial. C'est le cas de Lohse (6) au nord, un cratère aussi profond que Langrenus, mais d'un diamètre de 50 km seulement, au fond peu étendu. A l'est, c'est Lamé (7), un cratère irrégulier de 84 km de diamètre, qui a écrasé l'ancien rempart de Vendelinus. La muraille de Vendelinus est peu élevée, elle est de l'ordre de 1000 m environ. Elle entoure un fond plat immense criblé de nombreux craterlets, dont un trio remarquable au sud, composé de Vendelinus L, Z et Y. Quelques collines d'une centaine de mètres de hauteur sont visibles au sud-ouest. Notez aussi qu'au nord-est une langue de roches semble s'être étalée lors de l'impact de Lamé, comme si la muraille initiale avait été littéralement liquéfiée.

Des cratères sans nom ou presque

Il n'y a sans doute pas assez de personnalitéséligibles pour nommer les dizaines de milliers de cratères lunaires visibles depuis la Terre. C'est pourquoi l'Union Astronomique Internationale utilise un système de lettres ajoutées au nom d'un cratère déjà donné pour repérer ceux qui entourent celui-ci, comme par exemple Vendelinus L.

Petavius et la vallée de Palitzsch

Zoom sur la zone C
  1. Petavius
  2. Wrottesley
  3. Vallée de Palitzsch
  4. Furnerius
  5. Stevinus
  6. Snellius
  7. Vallée de Snellius
  8. Fraunhöfer
  9. Véga


Un véritable joyau : Petavius

Petavius constitue le troisième joyau de cette soirée. Ce cratère, situé sur la rive sud de la mer de la Fécondité, rivalise en intérêt avec Langrenus, d'autant plus qu'il est flanqué par la vallée de Palitzsch.

L'arène de Petavius (1), large de 177 km, est entourée de versants chaotiques. Ceux-ci ont été écrasés au nord-ouest par Wrottesley (2), un petit cratère de 57 km de diamètre et profond de 2300 m, qui présente des gradins internes, un fond plat peu étendu et une petite colline centrale.

Vous pouvez remarquer que les versants de Petavius surplombent sa muraille interne, haute de 3300 m, en gradins prononcés et qui, fait remarquable, se dédouble au sud. Mais c'est le fond vallonné de Petavius qui retiendra votre attention. De nombreuses collines entourent un imposant massif montagneux central de 30 km de longueur, qui comporte cinq sommets dont le plus haut culmine à 1700 m.

Cherchez maintenant dans Petavius un ensemble de rainures, dont la plus importante peut être vue comme un trait de 80 km de longueur, reliant la montagne centrale de Petavius à sa muraille sud-ouest.

La vallée de Palitzsch

Pour continuer votre exploration de ce soir, ne manquez pas la vallée de Palitzsch (3), située sur le versant est de Petavius. Elle est formée par l'alignement d'au moins sept cratères qui se sont interpénétrés. Le plus au sud d'entre eux, à l'extrémité de la vallée, est Palitzsch lui-même. La vallée de Palitzsch mesure environ 150 km de longueur et atteint 40 km de largeur au niveau de Palitzsch, pour aller ensuite en se rétrécissant vers le nord. Autre cratère intéressant de cette région, Furnerius (4) : c'est une plaine murée de 125 km de diamètre, dont la muraille est fortement dégradée par plusieurs craterlets. Le fond tourmenté porte également de nombreux craterlets et une rainure, au nord. Pour terminer, Stevinus (5) et Snellius (6), de 80 km de diamètre, constituent un couple contrasté digne d'attention. Stevinus possède un fond plat percé par une belle montagne centrale, alors que le fond de Snellius est plus tourmenté. Notez également la vallée de Snellius (7), d'au moins 200 km de longueur et 20 km de large, réplique de la vallée de Palitzsch.

Des vallées qui n'en sont pas

Sur la terre, les vallées résultent de l'usure du sol, principalement par les fleuves, les rivières ou les glaciers, et s'encaissent petit à petit. Sur la Lune, les vraies vallées n'existent pas, car il n'y a jamais eu d'eau pour les creuser. Ce que l'on nomme vallées lunaires, ce sont des alignements de cratères imbriqués, ce sont soit des alignements de cratères imbriqués, soit des fossés d'effondrement, ou encore des rainures larges d'origine volcanique.



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